Galerie Martagon

Depuis 1991 à raison de 3 ou 4 expositions personnelles, 2 à 3 expositions de groupe par an, par sa rigueur, ses expos hors les murs, ses participations aux foires SAGA, Art Jonction, ses expositions à thèmes, Hommage à Sade, La cuite, Postérieur, présentées par Guy Scarpetta sous l’appellation École de Malaucène, la galerie Martagon est devenue un lieu incontournable de la création contemporaine.




Sandra Lecoq



Pittura in forma di rosa | du 7 juillet au 9 septembre 2012


En voiture Simone !
En voiture ! Oui Simone, je deviens femme. Il faut dire que les hommes m’y poussent.
C’est la misogynie du milieu artistique historiquement construit sur une idée du génie masculin qui m’a poussé à jouer d’avantage avec les codes attribués au genre féminin et à rendre subversives des formes esthétiquement méprisées. Par exemple, la série des « Flaccid painting » (peintures molles) se présente sous forme de couvertures tricotées sur lesquelles je viens coudre des formes de sexes d’hommes, découpées dans des chutes de tissus. Phallus ludiques mous, doux et chatoyants, la citation est littérale. Le phallus devient motif, il disparaît alors dans l’effet décoratif de la peinture pour y revenir avec la force de ce qui est insidieux. La question du genre sexuel est au cœur du travail textile : on attribue trop souvent l’exclusivité du travail de fil et d’aiguille aux femmes mais qui oserait qualifier aujourd’hui de « travail de gonzesse » l’œuvre d’ Alighiero E Boetti, de Mike Kelley ou encore des artistes du mouvement Supports/Surfaces ? Le geste obsessionnel de Pénélope reste gravé dans les esprits. Je pense à la série des « Pénis carpet », peintures tressées aux formes oblongues qui tapies au sol finissent par grimper aux murs. « Pénélope la salope ou l’âme de la femelle sauvage ».
Le titre « Female wild soul » est un texte récurrent dans mon travail. Il signe à sa façon et de manière presque désabusée ce marquage sexuel. Si la psychanalyse défini la femme en creux, je m’amuse à tourner en dérision ce soi-disant sortilège de l’incomplétude. La dynamique de celle qui cherche à en avoir est plus stimulante que celle de celui qui à peur de le perdre.
« Oui, l’homme a besoin de conquérir des territoires, la femme trouve son territoire et elle y reste...Les femmes cherchent un homme, un homme veut toutes les femmes... » « Les hommes prennent des risques beaucoup plus grands, comme d’être détestés, d’être dans la polémique, d’être longtemps dans des champs difficiles. »
Ce genre d’argument désolant fabrique les positions parfois radicales de la plupart des artistes femmes. Une femme qui voudrait être l’égale de l’homme manquerait alors d’ambition !
À l’heure grise des préjugés archaïques je m’amuse à imaginer Bustamante et ses comparses gonflés de testostérone au volant d’une puissante cylindrée rouge vif évidemment. Olé !

Sandra Lecoq, Nice 2010


À l’occasion de son exposition la galerie Martagon édite un multiple de Sandra Lecoq : photo tirage jet d’encre format 53,5 x 54 tirées, signées et numérotées de 1 à 20 + EA 1/1 sur papier Somerset 250g par les éditions atelier Clot-Bramsen - 19 rue vieille du temple - 75004 Paris, au prix de 300€.


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