Galerie Martagon




Max Charvolen


Vit et travaille à Cannes et Marseille


- Raphaël Monticelli : Tout d’abord donc, dans le travail que tu as fait sur le musée Réattu, tu adoptes une démarche que tu as mise en place, il y a plus de vingt ans. Rapide rappel. Lorsque tu décides de traiter un espace ou un objet, du reste tu ne le fais ni par les approches traditionnelles des arts plastiques, ni par les problématiques de l’installation, par exemple. Tu ne dessines, ni ne peins, ni ne photographies. Tu n’as pas recours aux modes de représentation que nous connaissons, tu ne te sers d’aucun des codages habituels de l’espace ou du volume. Pour traiter plastiquement un espace, tu commences littéralement par le mouler.
- Max Charvolen : Je ne suis pas sûr que l’on puisse parler de moulage le but n’étant justement pas de garder un volume en l’état. Disons, en tout cas je recouvre tout un espace... (...)
- Raphaël Monticelli : Pendant ce temps-là, les gens passent et inscrivent leurs traces. Lorsque la toile est sèche, tu l’arraches du mur. Cette opération est proprement spectaculaire. L’investissement physique l’apparente à un travail de force : ça peut être en effet des heures de découpes de dépeçage, disent ceux de tes commentateurs qui cherchent dans ton travail une relation à la chasse de décollage, d’arrachage et de manutention ; le problème étant parfois tout simplement d’arriver à sortir l’œuvre de l’endroit où elle a été produite tant elle peut être ample et lourde. Le but final est de mettre à plat ce recouvrement. Problème de toute la peinture : donner une représentation en deux dimensions d’une réalité tridimensionnelle. (...)
- Raphaël Monticelli : (...) J’aimerais terminer sur une autre question. Le travail à Réattu, comme à l’Hôtel de Région à Marseille, à l’Institut français de Naples, à l’IUFM d’Arras, ou dans la galerie Lieu 5, en 84, ça crée des situations de commande et d’urgence auxquelles tu soumets ton travail et qui permettent d’explorer des pistes particulières, ou d’accélérer des processus de travail...
- Max Charvolen : Oui, Oui : en ce moment j’ai besoin de me poser. De prendre du temps. De choisir des espaces sans avoir de délais. De me heurter à la seule commande de moi-même, et à des problèmes que des travaux comme celui de Réattu m’ont posés. De laisser les pièces en place, in situ, des années durant avant de les arracher, comme je l’avais fait quand j’ai travaillé sur l’escalier de la cave de mon immeuble, ou à la rue Saint Sauveur, au Cannet, ou dans l’immeuble de la rue des Tours à Vallauris... J’ai besoin de la commande, de l’urgence, de la relation avec d’autres regards, d’autres exigences, mais j’ai besoin aussi de cette gestion lente et ruminée du temps...

Extrait d’un entretien de Raphaël Monticelli avec Max Charvolen, catalogue de l’exposition Musée Réattu, Arles 2001

Max Charvolen sur documentsdartistes.org



Max Charvolen Max Charvolen Max Charvolen Max Charvolen Max Charvolen Max Charvolen