Galerie Martagon

Depuis 1991 à raison de 3 ou 4 expositions personnelles, 2 à 3 expositions de groupe par an, par sa rigueur, ses expos hors les murs, ses participations aux foires SAGA, Art Jonction, ses expositions à thèmes, Hommage à Sade, La cuite, Postérieur, présentées par Guy Scarpetta sous l’appellation École de Malaucène, la galerie Martagon est devenue un lieu incontournable de la création contemporaine.




"Formats raisin", les vendanges sont finies...



du 27 octobre au 25 novembre 2012


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Du 27 octobre au 25 novembre 2012 la galerie Martagon se transforme en cabinet de curiosité, un accrochage XIXe sur 3 étages où se côtoient les formats 50x65 ou 65x50. Aucun thème imposé pour les artistes invités représentés par 3 ou 5 œuvres (photographies, lithographies, dessins, peintures.) L’unité se fera uniquement par le format ce qui nous laisse prévoir une expo riche en découvertes et étonnements.

Avec : Benoit AUCLÈRE, Lookace BAMBER, Michel BARJOL, Céline BRUN-PICARD, Alain BUHOT, Silvia CABEZAS PIZARRO, Frédéric CALMETS, Martin CAMINITI, Patricia CARTEREAU, Vanessa DAKINSKY, Claire DANTZER, Corinne De BATTISTA, Tom de PÉKIN, Nicolas DESPLATS, Anne GÉRARD, Fabien GRANET, Céline GUICHARD, Fred GUINOT, Lina JABBOUR, Amélie JOOS, Frédéric KHODJA, Sylvie MAURICE, Frédéric NAKACHE, Stéphane PROTIC, Pascale ROBERT, Aurélie ROUSTAN, Frédéric SALLAZ, Patrick SIROT, Christian VALVERDE, Gaëlle VILLEDARY.

Il fallait bien qu’une fois le format raisin passe à la vendange. Michel Barjol l’a fait. Pourtant l’affaire n’est pas si jobarde. Depuis des siècles que les grains s’amoncelaient sur les planches garnies à cinquante par soixante-cinq de pâte blanche, une tornade encyclopédique de pépites épépinées attendait sa révélation. Le croisement vendange par format raisin est, il fallait le prouver, aussi fertile qu’une tribu de brebis au retour du bélier. Cependant la fibre de papier mutée n’accepte pas volontiers toutes les torsions de l’âme. Les rapports ambigus qui laissent à l’impression un picotement d’encre versatile lui hérissent assez la couenne pour lui controverser le laminage. Ainsi de milliers de relations engrossées à l’intox, et qui finissent à l’ombre. Mais si la passe est honnête, ou mieux, honorable, ou encore mieux, luxuriante, alors le format s’accroche sans renfort de cheville aux parois les plus lisses et glacées du blanc. L’histoire de la mise au mur connaît des millions d’états de l’âme qui se sont accordés au raisin pour vendanger les regards. A la gauche des célèbres célébrités célébrées chaque jour par des consommateurs de valeurs assez sûres pour être avalisées par le conservateur moyen, les fabricants de l’image vivante appliquent encore au raisin des traitements imprévisibles. Et la vendange a dit Michel, sera dans les hauts degrés. Voilà de quoi mettre en cave les nectars des prochaines décades. Car on sait sur tout l’axe de la multiplication des levures, du Raisiné au Champagne, que Michel a un exact godet dans l’œil, et qu’il peut subodorer d’un simple éclair de sa pupille irisée, le prochain grand crû à siroter. Les meilleurs traceurs de miracles, de l’Est et de l’Ouest du Rhône réunis, ont donc soumis des raisins au filtre précis du Martagon avant leur collage au blanc mur. Ils ont tous, pour sûr, les racines bien prises dans de la bonne glèbe, riche de trente siècles de fermentations, de transports et de révélations murales. Du coup leurs humeurs cadrent au poil avec l’envergure de palais bien rodés, de l’admission buccale à l’échappement stomacal. Des trouvailles du monde visible qui réveillent à la compression linguale et à l’explosion palatine les souvenirs de l’euphorie. A tarif raisonnable, on n’est pas loin de la surface d’une paire de cagettes, le rapport des fruits du labour, au bras qui le trace, propose donc un pan de vision unique et indivisible, où se saturer un regard à portée domestique. En halle aux muses, il existe aussi une distance relative au-delà de laquelle la prolifération des formats dans le champ de vision peut se positiver à l’éthylotest. Une bonne vendange de même, confine parfois au tournis, quand les couleurs de la maturation saturent les fonds de l’œil. La perception est ainsi une sérieuse affaire de balistique. Les gens d’armes, qui maîtrisent à la perfection le brouillage des ondes pur jus de rafle, veillent au grain. Et aucune version falsifiée de format n’échappe à leur calibre. Avec eux, et avec la même certitude qu’un douanier prélève une salière complète à chaque barrique vendangée, le comptable du trésor formate son calculateur au filigrane près, et ponctionne pour les besoins de la république de quoi se presser une liasse. Nous savons tous par acquit de voyageur, que le dessinateur produit moyennant substrat enrichi, que l’état contrôle moyennant taxe extensible, et que le citoyen déguste moyennant devises à trébucher. La vendange, tous comptes ayant été soldés, reste bien le carburant de la permanence et de la renaissance. Restaurer, sauvegarder, élargir, voilà les trois tiers de la mission du caviste, gage de la pérennité de la cave et de ses lingots. Le voyageur, qui en a arpenté les galeries et chemins, a versé aux itinéraires son droit de goût. Et s’il est spectateur familier des contreforts du Ventoux, il sait où se trouve la morille noire de Malaucène, lardée au caviar, saupoudrée de safran, cuisinée au raisin blanc, et vendangée à l’aube de la découverte. L’adresse est gravée dans son disque génétique. Grand Rue, dès la mise en résonance de la sonnaille pastorale par déclenchement de la porte grise, flacon en main, on s’imbibe la langue persillée au martagon pour la combiner, sans graisse d’oie, aux lingots sacrés par l’appellation locale. Label Michel sur authentification morale de Pascale, les mises en perce sont irréfutables, il ne reste qu’à s’abreuver. L’histoire du lard a prouvé par mille recettes les avantages de la mixité de Saint Doux avec Sainte Grappe pour empâter les fonds de l’imminence. La forme étant garnie, on peut y éclater les grains comme les pixels, et les traceurs de mémoire ont pour chaque galette les ingrédients de l’unique. La dégustation est par suite, un métier sévère, contraint à un sacrifice constant aux meilleures confections, que les tenanciers de la santé homologuée jalousent à coup de règlements et d’ordonnances. Cependant l’excellence ne tolère pas la peur, et à trébucher sans dessein chez l’apothicaire, autant trébucher chez le maître de chai pour un dessin. Jacques Lomont


Alain Bujot, MIXdr@wing27 Aurélie Roustan Céline Brun-Picard Corinne De Batista, OP013 Frédéric Guinot Lina Jabbour, Géométries variables Michel Barjol, À l'ombre de l'adret Nicolas Desplats Sylvie Maurice, Laser Pascale Robert, La panthère Patrick Sirot, Le rose c'est la vie Céline Guichard, Wild IV Claire Dantzer, Issei Sagawa Frédéric Khodja, Endophasie Christian Valverde Amélie Joos Fred Calmets, Maître Black Frédéric Sallaz, Fashion Weak Tom de Pékin, Lac sombre Martin Caminiti, Anamorphose Frédéric Nakache, Las Vegas Patricia Cartereau Silvia Cabezas Pizarro, Escondite1 Lookace Bamber, Nobody Stéphane Protic