Galerie Martagon

Depuis 1991 à raison de 3 ou 4 expositions personnelles, 2 à 3 expositions de groupe par an, par sa rigueur, ses expos hors les murs, ses participations aux foires SAGA, Art Jonction, ses expositions à thèmes, Hommage à Sade, La cuite, Postérieur, présentées par Guy Scarpetta sous l’appellation École de Malaucène, la galerie Martagon est devenue un lieu incontournable de la création contemporaine.




Bertrand Gadenne


Vidéos, photographies.

du 6 Août au 11 Septembre 2011.

Bertrand Gadenne a débuté son travail d’artiste à la fin des années 70 par son engagement dans le domaine du cinéma expérimental avec la présentation d’installations de films Super-8 montés en boucle qui questionnaient la spécificité du médium cinématographique, l’espace de monstration et notre rapport au monde.

À partir de 1983 il a développé un travail de création de dispositifs de projection de diapositive tout en explorant les grandes catégories de la représentation du monde naturel (l’humain, l’animal, le végétal, le minéral) en retenant des exemples emblématiques, fragments prélevés dans le continuum du réel. Ses dispositifs qui donnent naissance à des images immatérielles prennent en compte les éléments constituants la projection jusqu’à la matérialité du projecteur (poids, chaleur, lumière, ventilation). La liberté que l’artiste a su donner à l’écran qui recueille l’image projetée peut être matérialisé par la main du visiteur, un papier de soie vibratile, la découpe en suspension d’un écran, la rotation d’un fil, la surface d’une architecture. L’art de Bertrand Gadenne crée par ces moyens insolites un émerveillement qui engage le regardeur dans une réflexion sur l’expérience du temps : l’impermanence de l’être, la caducité des choses, l’apparition et l’évanouissement de l’image. Il a également apporté sa contribution à l’analyse des modalités de cette représentation où chaque élément est pris en compte et où le regardeur-spectateur qui visite ses expositions assume pleinement son rôle de faiseur de tableau.

Depuis 1999, il utilise le principe de la projection vidéo afin d’affirmer la prise en compte de l’apparition fictionnelle de l’image en fonction des lieux d’expositions et l’investissement de l’espace public qui devient le théâtre d’étranges apparitions nocturnes. Ainsi plus d’un passant déambulant dans les rues a dû sursauter d’effroi ou de fascination à la vue d’un rat blanc venant du fond d’une vitrine et s’agrandissant démesurément pour atteindre l’écran de la vitre, y appuyer les pattes de devant et s’en retourner d’où il était venu. Mais aussi pour le visiteur qui visite les sous-sols obscurcis d’une vénérable institution et qui se trouve plongé dans une soute à fiction. On est ici proche des dérives surréalistes, dans l’errance urbaine et architecturale où l’apparition devient une construction mentale, une matière à réflexion. Cette déambulation dans et hors les murs, ces amorces de récits impliquent des pensées ambivalentes entre humour et répulsion, fascination et horreur, révélation et désastre. C’est aussi une réflexion sur les modes et les moyens de la représentation, sur l’insondable complexité des êtres.

Aucune rupture fondamentale avec l’utilisation de la vidéo, mais le choix d’affirmer certaines directions entrevues dans les projections photographiques. Bertrand Gadenne travaille sur la notion d’éphémère, de passage et d’effondrement. Car les œuvres n’échappent pas au processus d’altération et d’effacement. L’histoire de l’art serait la culture et le maintien en équilibre de ces vanités

Jean Marc Huitorel

Bertrand Gadenne vit à Hellemmes-Lille et enseigne à l’Ecole Régionale des Beaux-Arts de Dunkerque. Ces dernières années, il a exposé au Château de Tours, au Centre National de la Photographie et à la Maison Européenne de la Photographie ainsi qu’à la Galerie Aline Vidal à Paris, au CAIRN Centre d’Art de Digne-les-Bains, au Musée Matisse à Le Cateau-Cambrésis, au Musée des Beaux-Arts d’Arras et au LAAC à Dunkerque.


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