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Anne-Marie Pécheur


Vit et travaille à Marseille

née le 28-09-1950, à Nice

Anne-Marie Pécheur peint des motifs floraux. Elle choisit souvent une toile verticale, parfois homothétique à la feuille d’un herbier, parfois beaucoup moins large, de cette forme étirée vers le haut qu’affecte la lamelle d’éventail ou le signet. Elle y inscrit des motifs rigides, quasi totémiques, entre coupe anatomique et croquis botanique. D’un contour marqué, elle statufie le réceptacle agrandi, ou le labelle, le ligule, le stigmate, ou toute autre organe reconnaissable mais retravaillé avec un animisme joyeux qui met aux dimensions de la statuaire africaine ou océanienne ce que l’oeil aurait du mal à localiser. Derrière ces formes scientifiques mais primitives aussi, le plan de couleur se tend comme un rideau, ou comme le velours d’un écrin précieux. Partir du motif lui permet d’aboutir à un stade où le pictural peut se permettre d’emprunter les techniques de tous les autres arts. Anne-Marie Pécheur affirmera qu’elle continue de faire de la peinture et, sans doute, ne la croira-t-on pas.

Anne-Marie Pécheur ne peint pas de motifs reconnaissables, floraux ou autres. Bien que ses formats en hauteur induisent à penser qu’elle met en page une image, elle se préoccupe surtout de sa couleur et des fonds qu’elle monte les uns après les autres, avec la précision d’un imagier médiéval, d’un enlumineur. Peu lui importe qu’une identification avec l’observable soit possible. Ce qui se trame ici n’est que couleurs, matières, couches et touches. Et rythmes de composition aussi. On croit voir un objet en creux, réaliste, et ce n’est qu’un à plat d’une teinte cassée pour marquer comme une absence. On pense deviner un relief et il ne s’agit que de couleurs diverses qui se combinent pour éviter l’ennui de la teinte juste. Toutes les astuces, toutes les références, toutes les connotations ramènent inévitablement vers la peinture. Pour qu’il n’y ait plus d’image et que n’existe que la picturalité. Anne-Marie Pécheur dira qu’elle n’a jamais cessé de faire de la peinture et, bien entendu, on ne pourra pas ne pas la croire.

François Bazzoli, tiré de Dérives Botaniques, éditions Artgo, Bruxelles, 1998

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