Galerie Martagon

Depuis 1991 à raison de 3 ou 4 expositions personnelles, 2 à 3 expositions de groupe par an, par sa rigueur, ses expos hors les murs, ses participations aux foires SAGA, Art Jonction, ses expositions à thèmes, Hommage à Sade, La cuite, Postérieur, présentées par Guy Scarpetta sous l’appellation École de Malaucène, la galerie Martagon est devenue un lieu incontournable de la création contemporaine.




Agnès Accorsi installations - dessins / Julien Cassignol - dessins


8 avril - 11 juin

Vernissage le samedi 8 avril

Agnès Accorsi

L’âme hospitalière

Dans cette vidéo une femme plus icône que femme, armée pour une guérilla dont les terrains de combat sont d’abord évidents puis trompeurs et finalement insaisissables. Des limites qui font territoire, les séparations incertaines de la terre et de la mer, un espace plus qu’une surface, inventé par ce qui s’oppose et se mêle. Les mondes d’Agnès Accorsi brouillent en permanence les cartes et pas seulement géographiques. Les fleurs rouges en guise de motifs de camouflage et la mitraillette en guise de parasol, Eros et Thanatos confondus, les forces claires et belles de la confusion contre les forces obscures de l’ordre, de l’ordre du mâle peut-être. L’ennemi est à l’intérieur, d’ailleurs il n’y a pas d’extérieur.

Les formes, les signes et les couleurs dans le travail d’Agnès ont souvent une surface trompeuse voire paradoxale. Si le monde peut être sauvé par la paranoïa, avant ou en même temps il doit être inventé accouché par l’hystérie. Féminin masculin, dans des valeurs culturelles et marchandes, des ordres établis, dans l’inversion ou le mélange de ces valeurs ou de ces codes, par une idée de la beauté « belle » en surface, dans le tracé d’un dessin à la fois « joli » et scabreux, des détails en contrepoint de l’aspect général qu’ils dessinent.

D’une femme icône à une femme chimère, d’un pas sur le sable, faire un chemin pour s’ y engloutir et rejoindre un monde onirique en noir et blanc, le monde des enfants, le monde des adultes, le monde des femmes et celui des hommes, ou l’idée de la beauté n’exclue pas celle du laid, sans notion du bonheur ou du malheur sans doctrine de genre ou de classe.
Elie Cristiani.



Julien Cassignol

Le dessin a cette particularité d’être l’expression immédiate et spontanée d’un mode de pensée. Il est encore couramment perçu comme étant une étape ténue dans le processus créatif. Qu’importe la fragilité, Julien Cassignol utilise cette singularité pour fixer un instant de vie. Un instantané en noir et blanc témoin d’un parcours personnel.

Le rotring est destiné à une utilisation purement graphique et extrêmement technique. Toutefois Julien Cassignol emploie cette caractéristique pour un tout autre usage. Un trait fin répété frénétiquement jusqu’à révéler une forme, parfois reconnaissable, qui éveille le souvenir propre aux rêves dont les sensations éprouvées et oubliées sont ici mises en exergue. L’harmonie d’un fond neutre associé à des motifs noirs, crépitants et complexes fait apparaître un dessin abstrait qui suscite le silence et la contemplation. Ancien graphiste, décorateur et peintre en lettre, Julien Cassignol s’attache à élaborer son mode d’expression selon l’équilibre généré entre la feuille blanche et le rotring. L’absence totale de couleur induit une lecture libre d’interprétation, la composition n’offre aucun élément auquel se raccrocher et aucune perspective pour pouvoir se situer. Le regard désorienté n’a que le cadre physique du dessin comme seul point de repère. Les figures surgissent, flottent et émergent de la feuille. Elles sont érigées comme un sujet allégorique, celui d’un calme précédent une rupture imminente.


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